L'un de ces tatouages représentait deux serres d'oiseau de proie; l'autre, un serpent rouge.

Elwig, tournant et retournant son couteau dans sa main, attachait sur moi ses grands yeux gris avec une satisfaction féroce, tandis que les guerriers noirs la contemplaient d'un air de crainte superstitieuse...

--Femme,--dis-je à la prêtresse,--je suis venu ici sans armes, le rameau de paix à la main, apportant un message aux grands chefs de vos hordes... On m'a saisi et garrotté... Je suis en ton pouvoir... tue-moi si tu le veux... mais auparavant, fais que je parle à l'un de vos chefs... cet entretien importe autant aux Franks qu'aux Gaulois, car c'est Victorin et sa mère Victoria la grande qui m'ont envoyé ici.

--Tu es envoyé ici par Victoria?--s'écria la prêtresse d'un air singulier,--Victoria que l'on dit si belle?

--Oui.

Elwig réfléchit, et après un assez long silence, elle leva ses bras au-dessus de sa tête, brandit son couteau en prononçant je ne sais quelles mystérieuses paroles d'un ton à la fois menaçant et inspiré; puis elle fit signe à ceux qui m'avaient amené de s'éloigner.

Tous obéirent et se dirigèrent lentement vers la lisière du bois dont était entourée la clairière.

Riowag resta seul, à quelques pas de la prêtresse. Se tournant alors vers lui, elle désigna d'un geste impérieux le bois où avaient disparu les autres guerriers noirs. Le chef n'obéissant pas à cet ordre, elle éleva la voix et redoubla son geste, en disant:

--Riowag!

Il insistait encore, tendant vers elle ses mains suppliantes; Elwig répéta d'une voix presque menaçante: