--Et demain on les transportera sur le lieu du supplice, qui sera, dit-on, terrible!... mais jamais assez terrible pour expier les crimes de Ronan le Vagre...
--Qu'a-t-il donc fait, mes amis?
--N'a-t-il pas, le sacrilége! à la tête de sa bande, incendié, pillé la villa épiscopale de notre bienheureux évêque Cautin...
--Comment, mes amis, Ronan le Vagre... cet impie aurait osé commettre un pareil crime? Et les femmes, est-ce qu'on les a aussi mises à la torture?
--La petite esclave Vagredine est encore quasi mourante d'une blessure qu'elle s'est faite en voulant se tuer, lorsqu'elle a vu les Vagres exterminés.
--Quant à l'évêchesse, on allait commencer sa torture, lorsque notre saint évêque a dit: «Il faut se donner garde d'affaiblir la sorcière, peut-être elle ne résisterait pas à la douleur, et il vaut mieux qu'elle reste en pleine santé, afin qu'elle ne perde rien des tourments de demain.»
--Votre évêque est très-judicieux, mes amis... et où ces scélérats attendent-ils la mort?
--Dans le souterrain du burg.
--Toute fuite leur est, j'espère, impossible, à ces damnés?
--D'abord Ronan le Vagre et l'ermite laboureur seraient libres, qu'ils ne pourraient faire un pas à cause des suites de leur torture.