Et joignant ses efforts à ceux du vieux Vagre pour renverser la grille, le veneur ajouta:
--J'ai mis le feu aux quatre coins du burg: étables, écuries, granges, tout flambe à plaisir!... La maison du comte, pleine de Franks qui s'égorgent, et bâtie en charpente, commence à brûler au milieu de cet incendie, comme un fagot dans un four ardent... Malédiction! impossible d'ébranler cette grille!... Il faudrait des leviers...
--Sauve-toi, mon Vagre! je mourrai avec la douce pensée de ton amour... Oh! dites, Loysik, d'un pareil amour ai-je encore à rougir?
--Fuyez, mon père!
--Sauve-toi, brave Veneur... tu t'es montré bon Vagre jusqu'à la fin... Moi, Ronan, je te le dis: Sauve-toi...
--Ô mes fils! avant de tomber sous la hache des Franks, je mourrai de rage de ne pouvoir vous délivrer...
--Mon Vagre, tu veux donc que les Franks te massacrent là devant moi!...
--Belle évêchesse, je te serrerai dans mes bras à travers la grille, et je ne saurai pas seulement si ces Franks me tuent...
--Dis, mon Vagre, en ce moment suprême, tu me prends pour ta femme devant Dieu?
--Oui, devant Dieu, devant les hommes, devant les débris du monde et du ciel... s'ils écroulaient! je mourrai là, à tes pieds, radieux de mourir là!...