--Je n'ai pas tué Ursio par haine, moi; je l'ai tué pour avoir sa part d'héritage.

--Et pourquoi aurais-tu tué ton frère, bestial? Pour le manger?

--Je te dis, moi, que le grand Clovis a tué aussi tous ses parents pour avoir leur héritage, et qu'il jouit du paradis... J'y veux aller aussi, moi qui ai moins tué que lui, et si tu ne me promets pas sur l'heure le paradis sans me faire payer davantage, je te fais tirer à quatre chevaux ou hacher par mes leudes!

--Et moi je te dis que si tu n'expies pas ton fratricide par un don à mon église, tu iras en enfer, toi, qui, comme Caïn, as tué ton frère.

--Oui, oui, patron, tu dis toujours cela pour mes cent arpents de prairie, mes vingt sous d'or et ma petite esclave blonde.

--Je dis cela pour le salut de ton âme, malheureux! Je dis cela pour t'épargner les tortures de l'enfer dont la seule pensée me fait frissonner pour toi.

--Tu parles toujours de l'enfer... Où est-il?

--Où il est?

Et l'évêque Cautin frappa encore du pied sur le sol.

--Tu demandes où il est, l'enfer?