--Bon patron,--dit Neroweg,--d'ici au jour, je ne te quitterai pas plus que ton ombre.
--Comte, prends garde... ta terreur me prouve que ton âme n'est pas tranquille... avoue-le, tu ne m'as pas tout dit?
--Si, si, je t'ai tout dit.
--Dieu le veuille, pour le salut de ton âme... Mais déride-toi donc... tiens, parlons un peu de chasse... comme toi, je suis fin veneur; cette conversation t'égayera... Et à propos de chasse, un reproche.
--À moi?
--À toi ou à tes esclaves forestiers... L'autre jour ils sont venus lancer trois cerfs au milieu des bois de l'Église... tu sais, dans l'enceinte touchant à ce bout de ta forêt, séparé du restant de tes domaines par la rivière?
--Si mes esclaves forestiers ont lancé des cerfs chez toi, tes esclaves en lanceront une autre fois chez moi: nos bois ne sont séparés que par une route.
--C'est dommage... notre limite à tous deux devrait être la rivière.
--Il me faudrait pour cela t'abandonner les cinq cents arpents de bois qui sont en delà de la rivière.
--Est-ce que tu y tiens beaucoup à ce bout de forêt? elle est bien chétive en cet endroit-là...