—Donne-moi cette clef.

—Quoi! vous voulez?...

—Donne... donne...

—La voici,—dit l'intendant en détachant du trousseau une grosse clef de fer. Méroflède prit la clef, la regarda en silence, et resta quelques instants rêveuse.

—Madame,—reprit Ricarik,—je vais faire partir le messager qui attend votre lettre pour l'évêque de Nantes.

—Va, va... porte cette lettre et reviens.

—J'irai aussi jeter un coup d'œil dans l'atelier du vieil orfévre... il doit fondre aujourd'hui le grand vase d'argent.

—Eh! que m'importe! je ne songe plus au vase d'argent!

—Moi, j'y songe, madame. Je ne sais pourquoi il m'est venu quelque doute à l'esprit; il m'a semblé, ce matin, remarquer certain embarras sur les traits de ce rusé vieillard; il m'a prévenu qu'il s'enfermerait toute la journée; il complotte peut-être avec ses apprentis de dérober une partie du métal. Il m'a prévenu que la fonte ne commencerait guère qu'à la nuit; voici la nuit, je veux assister à la fonte, puis je reviendrai, madame. Vous n'avez pas d'autres ordres à me donner?

Méroflède resta plongée dans ses rêveries, tenant dans sa main la clef du cachot d'Amael; après quelques moments de silence, et sans lever ses yeux toujours fixés sur le sol, elle dit à l'intendant: