Telles furent ses dernières paroles à Mathilde.
Celle-ci, quittant aussitôt l'hôtel de Maran, malgré les supplications désespérées de sa tante, alla attendre l'issue de ce duel chez madame de Richeville.
Deux hommes de la connaissance de M. de Lancry, éveillés au milieu de la nuit, instruits de l'urgence et de la gravité de cette rencontre, consentirent à servir de témoins. On partit pour Saint-Denis. On attendit dans une auberge le lever du soleil. Au point du jour, le duel eut lieu dans les fossés des anciennes fortifications.
Au premier coup de feu de M. Sécherin, M. de Lancry tomba... Il expira en maudissant la mémoire d'Ursule et en l'accusant de sa mort......
. . . . . . . . . .
CONCLUSION.
Madame de Lancry, instruite du résultat du duel par une lettre d'un des témoins, passa les six premiers mois de son deuil au Sacré-Cœur avec madame de Richeville. En apprenant la mort de M. de Lancry, M de Rochegune fit, par convenance, un voyage de quelques mois en Italie. Éclairé par les mémoires de Mathilde sur les véritables sentiments qu'elle avait toujours eus pour lui, sur l'admirable sacrifice qu'elle avait fait, les radieuses espérances qu'il emportait étaient cependant assombries par ses remords, car il s'accusait toujours de la mort d'Emma.
Mathilde découvrit ce triste mystère.
Avant son mariage, Emma avait fait de souvenir un portrait de M. de Rochegune et le lui avait donné; plus tard ce portrait lui fut rendu par son mari, ainsi que le petit portefeuille qui renfermait cette miniature. Madame de Richeville avait pieusement rassemblé tout ce qui lui restait de sa fille. Depuis la mort d'Emma, elle n'avait jamais eu le courage de jeter les yeux sur ces reliques sacrées. Un jour elle pria Mathilde de chercher parmi ces objets un médaillon représentant Emma enfant. En s'occupant de ce soin, madame de Lancry ouvrit le portefeuille qui contenait le portrait de M. de Rochegune peint par Emma; elle y trouva cachées deux lettres. L'une était ainsi conçue: