—Je suis fatiguée du bal, ma tante,—répondis-je; je préférerais ne pas aller à l'Opéra.

—Vous préférerez ce que je vous ordonnerai de préférer,—répondit aigrement mademoiselle de Maran.

Ursule me jeta un regard suppliant.

—J'irai à l'Opéra si vous le désirez absolument.


CHAPITRE X.

L'OPÉRA.

Ce que m'avait dit Ursule de la possibilité de mon mariage avec M. de Lancry me fit profondément réfléchir lorsque je me trouvai seule.

Peut-être, sans les remarques de ma cousine, serais-je restée longtemps sans me rendre compte de l'impression que le neveu de M. de Versac avait faite sur moi. Je m'interrogeai franchement, en mettant de côté la prévention favorable qu'inspirent toujours chez un homme l'extrême distinction des manières, un beau nom et une très-jolie figure.

Je me demandai si le souvenir de M. de Lancry me troublait, si je ressentais pour lui quelque intérêt. Il me sembla qu'il m'était absolument indifférent; je m'étonnais seulement d'avoir été désagréablement affectée en le voyant danser avec madame de Richeville.