L'acte fini, j'écoutais encore; j'étais si absorbée que ma tante dut m'appeler à plusieurs reprises pour me tirer de ma rêverie.
On sortait de la salle; je donnai le bras à M. de Versac; M. de Lancry donna le bras à Ursule.
Je descendis presque machinalement, entendant, voyant à peine ce qui se passait autour de moi.
Au moment où l'on vint nous annoncer notre voiture, je sentis un parfum très-agréable, mais très-fort; le frôlement d'une étoffe toucha ma robe, et une voix émue, affectueuse, me dit ces mots presque à l'oreille:
Prenez garde, pauvre enfant... on veut vous marier... Attendez M. de Mortagne...
Je retournai vivement la tête pour voir qui venait de me parler; je n'aperçus que le manteau de satin cerise et le turban lamé d'argent de la duchesse de Richeville, qui descendait légèrement l'escalier devant moi avec M. et madame de Mirecourt.
CHAPITRE XI.
L'AVEU.
Un mois s'était passé depuis le jour où j'étais allée à l'Opéra avec ma tante et M. de Lancry.