—Madame,—dit Ursule, qui était au supplice,—je crains que ces détails...
—Allons donc, Ursule, ils m'intéressent au contraire beaucoup, ma chère enfant.
—Sans doute, chère bellotte, mes petites affaires d'intérêt ne peuvent qu'intéresser infiniment notre bonne tante.
—Monsieur Sécherin, toujours fidèle à mon système de franchise,—dit mademoiselle de Maran,—je vous ferai observer que chère bellotte, doit être réservé pour la plus douce et la plus secrète intimité: vous profanez le charme mystérieux de ces adorables expressions en les prodiguant ainsi.
—Pourtant, madame, mon père appelait toujours ma mère chère bellotte, et ma mère l'appelait petit père ou gros loup.
—Mais remarquez, mon bon monsieur Sécherin, que je n'incrimine pas en elles-mêmes les tendres et naïves expressions de chère bellotte, petit père, et même de gros loup, au contraire!! j'espère bien qu'Ursule, pieusement fidèle à ces touchantes traditions de votre famille, vous prodigue en secret ces noms si doux.
—Ah çà! mais tu as donc dit à madame que tu m'appelais ton gros loup, toi?—s'écria M. Sécherin en se retournant vers Ursule et en frappant dans ses mains avec étonnement.
—Vraiment!... Ursule vous appelle déjà son gros loup, mon bon monsieur Sécherin?—s'écria ma tante.
—Mais oui, madame, et elle ne met pas de mitaines pour cela,—continua M. Sécherin avec une orgueilleuse satisfaction.
—Ah! madame, pouvez-vous croire!...—s'écria Ursule,—et des larmes de honte et de confusion lui vinrent aux yeux.