Je baissai la tête, je portai mon mouchoir à mes lèvres, je cachai mes larmes.

Sans doute Gontran regretta son mouvement d'impatience; car, relevant bientôt sur lui mes yeux, pour lui montrer que je ne pleurais plus, je rencontrai les siens...

Oh! jamais, jamais, je n'oublierai le regard rempli de tristesse et de bonté qu'il me jeta.

Puis ses traits se contractèrent... par un mouvement plus rapide que la pensée; pendant une seconde, sa figure si belle, si noble, porta l'empreinte d'un désespoir terrible.

Je ne pus retenir un léger cri, tant je fus effrayée.

La princesse et M. Lugarto se retournèrent vivement.

Les traits de mon mari avaient repris leur expression de gaieté habituelle; il me dit:

—Pardon, ma chère Mathilde; je suis un maladroit, j'ai manqué d'écraser votre joli pied.

L'heure du spectacle arriva; nous y arrivâmes avec les personnes qui devaient nous y accompagner, mesdames d'Aubeterre et leur oncle M. de Saint-Prix.

Les femmes étaient assez insignifiantes et parlèrent heureusement beaucoup. Les hommes avaient à peu près la même valeur. Je me mis dans un coin de la loge, M. Lugarto se tint derrière moi.