—Je tiendrais beaucoup à compter M. de Rochegune au nombre de mes amis; c'est un homme de grande naissance, d'un rare savoir et d'un noble cœur.
—Ah!... ah!... c'est comme cela, c'est bon à savoir, dit M. Lugarto avec ce sourire convulsif qui annonçait toujours chez lui une colère contrainte.
Je me tus. J'étais fermement résolue à avoir avec M. de Lancry une dernière explication au sujet de cet homme.
De vagues pressentiments me disaient qu'il se tramait quelque machination perfide dont moi et Gontran nous devions être les victimes. En me rappelant l'expression de désespoir qui avait un moment contracté les traits de M. de Lancry, je faisais mille suppositions contraires. Je ne pouvais concilier son apparence de gaieté et son empressement auprès de la princesse, avec le regard tendre, désolé, presque suppliant, qu'il m'avait jeté à la dérobée.
Cette mortelle journée finit enfin. Hélas! elle devait contenir pour ainsi dire dans leur germe bien des malheurs pour l'avenir...
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Je viens de relire ces pages, cette réflexion me semble encore plus juste; il n'est pas un des faits les plus insignifiants de ce jour qui n'ait eu plus tard un cruel développement.