—M. de Senneville a le plus grand intérêt, monsieur, à savoir si un coffret qui lui appartient, et qui renferme des papiers fort importants, vous a été remis hier dans l'après-midi. Si vous voulez bien, monsieur, lui donner votre parole d'honneur que ce coffret n'a pas été ou n'est pas en votre possession, M. de Senneville se déclarera satisfait.

—Je ne me déclarerai satisfait que si...

—Mon ami, vous avez bien voulu me prendre pour conseil, dit Alfred,—permettez-moi donc de m'expliquer avec monsieur.

—L'explication sera fort simple, messieurs,—dit le colonel en faisant quelques pas vers la porte pour montrer que toute autre question serait vaine:—je n'ai aucune réponse à faire.

—Ainsi, monsieur,—s'écria Gaston,—vous refusez de donner votre parole que...

—Je refuse, monsieur, de répondre aux questions dont je n'admets pas la convenance,—dit le colonel; et il s'avança toujours vers la porte.

Gaston et Alfred restèrent près de la fenêtre.

—Monsieur,—dit Alfred en se contenant à peine,—votre mouvement vers la porte signifierait-il que cette conversation a trop duré?

Trop..... peut-être, monsieur,—dit le colonel en mettant la main sur la serrure,—mais certainement assez.... Je n'ai rien à dire ni à écouter.

—Et moi, je vous déclare, monsieur, que je ne sortirai pas d'ici que vous ne m'ayez répondu—s'écria Gaston.—Ce coffret est-il ici, oui ou non?