L'expression mélancolique de sa physionomie, la langueur de son regard voilé, étaient tellement d'accord avec ces tristes paroles, que, je l'avoue, je crus aveuglément à ce qu'elle me disait.

Elle trouvait le moyen de paraître se sacrifier encore à son mari en l'obligeant à travailler sans relâche pour augmenter une fortune déjà considérable.

Je poussai l'aveuglement si loin, que je m'inquiétai des pressentiments sinistres d'Ursule.

Je les combattis vivement.

—Mais enfin,—lui dis-je,—pourquoi rêver un avenir si sombre?... pourquoi renoncer à toute espérance?

Ursule me prit les deux mains, attacha sur moi ses yeux bleus noyés de larmes, et murmura d'une voix douloureusement émue:

—Tu parles d'espérances, ma sœur... hélas! je te l'ai écrit le lendemain de cette fatale union, mon espérance, c'est une pauvre place obscure dans le cimetière du village; mon avenir, c'est l'éternité...

Et Ursule appuya sa tête sur mon épaule en pleurant.

. . . . . . . . . .

Peu à peu elle se calma.