CHAPITRE IX.

LA FEMME ET LA BELLE-MÈRE.

Il y avait quelque chose d'imposant, de lugubre dans l'aspect de cet appartement, qui avait été celui de feu M. Sécherin.

Sa veuve, par un pieux souvenir, avait laissé cette pièce dans l'état où elle se trouvait lors de la mort de son mari.

Çà et là, sur les meubles, on voyait quelques fioles encore remplies de médicaments; sur un bureau une lettre à demi écrite, sans doute la dernière que la main de M. Sécherin eût tracée... était recouverte d'un globe de verre...

Cet appartement, toujours fermé, était humide, froid comme un sépulcre, sa tenture sombre; le faible jour qu'y laissait pénétrer une persienne entr'ouverte augmentait encore la désolante tristesse de ce séjour, où tout rappelait d'une manière si frappante et si funèbre l'agonie et la mort.

Malgré moi je frissonnai; mon cousin pâlit et s'approcha de sa mère avec une crainte respectueuse.

Madame Sécherin était, selon son habitude, vêtue de noir; elle avait substitué un bonnet de veuve au bavolet blanc qu'elle portait ordinairement. Ses cheveux en désordre s'échappaient de cette triste coiffure, ses sourcils gris étaient froncés, ses lèvres contractées douloureusement; sa physionomie avait un beau caractère de tristesse, de souffrance et de sévérité, qui m'émut et qui m'imposa profondément.

Tout à coup, sans proférer une parole, madame Sécherin tendit ses bras à son fils; il s'y jeta en pleurant, pendant quelques moments il tint sa mère étroitement embrassée.

Celle-ci disait d'une voix étouffée:—Mon enfant... mon pauvre enfant... du courage...