—Mon Dieu... mon Dieu, mon ami... qu'est-ce que cela signifie?
—Et vous, madame,—ajouta-t-elle en se retournant d'un air suppliant vers sa belle-mère,—dites-moi, mon Dieu, que vous ai-je fait pour mériter un tel traitement?
—Ce que vous avez fait? Vous avez fait le malheur de mon fils... Vous l'avez indignement trompé... Mais il n'est plus votre dupe, je l'ai éclairé... et il a pour vous tout le mépris, toute l'aversion que vous méritez.
A ces mots, prononcés d'une voix éclatante, Ursule regarda son mari dans une angoisse inexprimable; elle cacha sa tête dans ses mains, et ne dit que ces mots, d'un ton de reproche navrant:—Ah! mon ami!
Elle appuya son visage sur le dossier du divan; on ne vit plus que ses blanches et charmantes épaules agitées par une sorte de tressaillement.
—Maman,—s'écria M. Sécherin en frappant du pied,—pourquoi dites-vous cela? pourquoi dites-vous que j'ai de l'aversion, du mépris pour ma femme?
—Parce qu'elle le mérite. Tu sais bien... qu'elle le mérite... Viens... viens, mon pauvre enfant, laissons-la...—Et madame Sécherin fit un mouvement pour se lever.
—Cela ne peut se passer ainsi!—s'écria son fils;—il ne s'agit pas d'accuser ma femme sans me donner des preuves de la faute qu'elle a commise, dites-vous... Écoutez donc, maman; il s'agit du bonheur de toute ma vie, à moi; vous sentez bien que je n'irai pas, certes, sacrifier cela légèrement.
—Légèrement, légèrement, mon fils? quand je vous ai juré que cette femme était coupable!
—Elle est coupable, elle est coupable... cela vous est bien aisé à dire... Je ne puis pas, moi... renoncer à tout le bonheur de ma vie, parce que vous êtes persuadée d'une chose...