—Malheureux! ce n'est plus de l'aveuglement... c'est de la folie,—s'écria madame Sécherin.—Prends bien garde... tu te couvriras de tant de ridicule en restant la dupe de cette femme, qu'on ne pourra même plus te plaindre.

Ces derniers mots de la belle-mère d'Ursule furent d'une grande imprudence, ils blessaient au vif l'amour-propre de M. Sécherin; aussi reprit-il avec irritation:

—Eh bien! j'aime mieux dire ridicule qu'injuste, traître, et méchant.

—Pour qui dites-vous cela... mon fils? répondez.

—Je ne m'explique pas... Cette scène a assez duré; elle fait un mal horrible à ma femme, à vous et à moi... Ce que vous pourriez ajouter serait inutile... Je suis décidé à ne plus souffrir qu'on attaque devant moi cet ange de douceur et de bonté.

—Vous osez me menacer dans la maison de votre père... me menacer pour soutenir une infâme qui au fond de son cœur se rit de vous.

—Ma mère... ne me poussez pas à bout... Je vous le répète, quoi que vous disiez, quoi que vous fassiez, j'aimerai, je respecterai ma femme, oui, et je la défendrai contre tous ceux qui l'attaquent, quels qu'ils soient.

—Contre moi... n'est-ce pas? Oses-tu le répéter, fils ingrat?

—Eh bien! oui, oui, même centre vous, si vous l'attaquez injustement!—s'écria M. Sécherin, ne pouvant plus se contenir.—Elle ne veut que mon bonheur... elle... et vous ne voulez que me rendre malheureux en torturant ce que j'ai de plus cher au monde.

Ursule, à demi étendue sur le divan, cachait sa tête dans ses mains et pleurait à chaudes larmes.