—Pardon.. pardon!...
A ce moment, Ursule poussa un profond gémissement, elle laissa retomber sa tête sur le dossier du divan, un de ses bras pendit à terre, elle s'évanouit.
Le hasard voulut encore que sa pose fût adorable de langueur et de grâce. Ses joues étaient toujours vermeilles; de ses yeux fermés s'échappaient des larmes transparentes comme des gouttes de rosée; son sein battait violemment. Deux ou trois fois, elle porta machinalement la main à son corsage comme si elle eût été douloureusement oppressée.
Je croyais à peine à la réalité de cet évanouissement. Néanmoins je courus à elle.
—Mais vous la tuez, ma mère, vous voyez bien que vous la tuez!—s'écria M. Sécherin éperdu, désespéré, en se précipitant vers sa femme.
La colère de madame Sécherin se ranima, elle s'écria avec une indignation furieuse:
—Elle se moque de vous! Cet évanouissement est une comédie comme tout le reste. Ne vous en occupez pas... elle reviendra bien d'elle-même, l'hypocrite!
—Ah! c'est horrible, cela...—s'écria M. Sécherin,—pas seulement de pitié! Eh bien! puisque vous le voulez, ma mère, séparons-nous, séparons-nous pour toujours... Après des paroles si impitoyables, je ne pourrais désormais vous voir sans douleur...
—Fils indigne... le Seigneur te punira par ton propre péché... Va, je te maud...
—Madame... c'est votre fils...—et me précipitant vers madame Sécherin, j'arrêtai la malédiction qui lui était venue aux lèvres.