Celle-ci, comme toutes les personnes d'un caractère ferme et juste, se montra de son côté de plus en plus inflexible dans son aversion pour Ursule.

J'allai trouver madame Sécherin pour lui faire mes adieux.

En vain je lui parlai de son fils, de l'abandon, de l'isolement où elle allait vivre, elle ne voulut entendre à rien jusqu'à ce que mon cousin eût chassé sa femme.

Ce qui me prouva davantage encore l'incroyable et fatale influence de ma cousine sur son mari, c'est que je le trouvai, lui pourtant si bon fils, lui pourtant d'un si noble, d'un si généreux cœur, je le trouvai, dis-je, presque indifférent à cette douloureuse séparation.

Il me dit que sa mère se calmerait, qu'alors il viendrait la voir tous les jours. Il était presque content de ce qui était arrivé, car tôt ou tard il aurait fallu en venir à une séparation.

L'accusation de madame Sécherin n'était, selon le mari d'Ursule, qu'un prétexte pour éloigner sa bru, qu'elle n'avait jamais pu souffrir, parce qu'elle aimait trop son fils.—«Oui, ma cousine, toute la question est là!—s'était écrié M. Sécherin: ma femme m'aime trop; ma mère en est jalouse.»

. . . . . . . . . .

Hélas! le hasard me réservait un nouveau coup bien cruel et qui, dans ces circonstances, semblait être une raillerie de la destinée.

Le lendemain du jour de son arrivée, Gontran avait été donner quelques ordres relatifs à notre départ qui devait avoir lieu dans l'après-midi.

J'avais profité de ce moment pour avoir, avec M. Sécherin, l'entretien dont je viens de parler; nous nous étions longtemps promenés en causant dans une avenue de charmille très-touffue, située au milieu du jardin.