—Pourquoi cela... parce que j'ai quitté mes habits de chasse et que je ne les quitte pas quand je suis seul avec vous?
—Sans doute c'est un enfantillage, mais il me semble que ce que vous faites pour une étrangère...
—Je pourrais le faire pour vous, est-ce cela?—me demanda-t-il.
—Je crois, mon ami, que j'ai autant de droits que ma cousine à être traitée par vous avec égard.
—Permettez-moi, ma chère amie, de vous faire observer que les égards ne consistent pas dans un vêtement fait d'une façon ou d'une autre. Il est tout simple que je m'habille convenablement pour recevoir votre cousine. Ce n'est pas moi qui l'ai invitée à venir ici, c'est vous; je crois donc faire une chose qui vous soit agréable en l'accueillant de mon mieux, et en ayant pour elle les égards que tout homme doit à une femme qu'il a l'honneur de recevoir.
—Vous ignoriez qu'Ursule devait venir ici cet automne?—demandai-je à mon mari en tâchant de lire sur sa physionomie. Il resta impassible et me répondit:
—Je l'ignorais complétement; mais, après tout, maintenant j'en suis enchanté. Sa présence vous distraira, et son mari est le meilleur des hommes... Mais qu'avez-vous? l'arrivée de votre amie d'enfance ne vous cause pas la joie que j'attendais...
—J'ai des raisons pour cela, mon ami... Et je crains que le séjour de ma cousine ici ne soit pas aussi long qu'elle l'espère, peut-être.
—Les affaires de son mari l'abrégeront sans doute. Vous en a-t-elle prévenue?
—Non... mais...