C'était Ursule qui parlait à Gontran avec ce dédain moqueur, à lui dont les succès avaient été si nombreux, à lui si recherché, si adoré par les femmes les plus à la mode!
Gontran semblait non moins surpris que moi de ce langage railleur.
Néanmoins je vis avec joie qu'il ne m'avait pas trompée.
Il avait pu être léger, inconsidéré auprès d'Ursule, mais il avait été préservé d'un sentiment plus vif par la froide coquetterie de ma cousine.
Ursule reprit avec la même ironie:
—Qu'avez-vous, mon cher cousin? vous semblez contrarié.
—C'est qu'aussi, madame, je ne vous ai jamais vue si moqueuse.
—C'est qu'aussi, monsieur, je ne vous ai jamais vu si solennel.
—Vous avez raison,—dit Gontran en souriant,—il s'agit de folies, de quelques galanteries sans conséquence échangées entre un homme et une femme du monde, et je prends en vérité un air magistral par trop ridicule. Eh bien donc, ma jolie cousine, vous souvenez-vous qu'hier soir, après la curée aux flambeaux, j'ai été assez peu maître de moi pour vouloir enlacer cette taille charmante et effleurer cette joue si fraîche et si rose... eh bien, je viens vous demander pardon de cette audace, vous supplier d'oublier cette folie... J'avais cédé à un entraînement passager... j'avais un moment confondu la familiarité du la parenté avec un sentiment plus tendre, et je viens...
Ursule interrompit mon mari par un éclat de rire et s'écria: