Le commis sortit.

Nous restâmes, mon mari, mademoiselle de Maran, madame Sécherin, Ursule et moi.

Gontran et ma tante ignoraient le commencement de cette entrevue et pressentaient néanmoins qu'il s'agissait de quelque grave événement.

Madame Sécherin dit à ma tante:

—Vous êtes de la famille, madame?

Mademoiselle de Maran toisa la belle-mère d'Ursule sans lui répondre, et me la montra du regard comme pour me demander quelle était cette femme.

—Madame Sécherin,—lui dis-je,—et j'ajoutai en montrant ma tante à la belle-mère d'Ursule:—Mademoiselle de Maran.

Madame Sécherin, se rappelant les éloges que son fils, complétement abusé sur le caractère de ma tante, lui donnait toujours, s'avança vers elle et lui dit:

—Vous êtes aussi des nôtres, madame... vous êtes du parti des bonnes gens contre les méchants. Mon fils me l'a bien souvent répété... vous êtes comme moi, simple, loyale et ennemie de toute hypocrisie... votre présence est utile ici; il ne saurait y avoir trop de juges, car les coupables ne manquent pas.

—Quoique je ne comprenne pas du tout ce que vous voulez dire, ma chère madame, avec vos juges et vos coupables,—dit ma tante,—je ne perdrai certainement pas une si belle occasion de vous déclarer que vous avez le plus joli garçon de la terre, sans compter que tout ce qu'il vous a dit de moi, et de ma simplicité naïve, prouve joliment en faveur de sa pénétration et de sa judiciaire. J'ose espérer, en retour, que ce qu'il nous a dit de vous est tout aussi bien fondé; il ne nous resterait plus alors qu'à nous singulièrement congratuler sur la réciproque de notre rencontre.