Et elle remit une lettre à Gontran.
—Je veux, monsieur, lire à cette adultère la lettre que lui écrit mon fils.
Puis madame Sécherin, toujours impassible, croisa ses bras et nous regarda en silence.
Mon mari était atterré; il comprenait enfin l'horreur de la position d'Ursule, et surtout combien je devais être accablée de cette découverte inattendue.
Ursule, anéantie, semblait ne rien voir, ne rien entendre.
Cette scène avait pris un caractère si grave, que mademoiselle de Maran oublia un moment sa méchante ironie, et sembla sérieusement attentive.
J'étais, moi, dans une sorte d'excitation fébrile qui me donnait pour quelques moments encore une force factice, mais je sentais que je ne pourrais résister longtemps et que je perdrais peut-être tout sentiment avant que le fatal mystère fût éclairci...
Pendant qu'Ursule était abîmée dans ses réflexions, pendant que Gontran lisait la lettre qu'Ursule lui avait répondue et que la malheureuse femme croyait m'avoir remise, je lisais, moi, cette lettre de mon mari qui avait motivé celle de ma cousine.