Une des servantes de madame Sécherin vint nous prier de sa part de nous rendre au salon.
—Mon fils,—dit-elle lorsque nous entrâmes,—votre cousine a peut-être hâte d'arriver à Paris; il ne faut pas la retenir.
—C'est, en effet, une affaire très-importante qui m'y appelle,—lui dis-je,—et qui ne souffre pas de retard. Sans cela, je vous aurais demandé l'hospitalité pendant quelques jours.
—Vous lui avez au moins parlé raison,—me dit madame Sécherin en me montrant son fils.
—Je lui ai parlé de vous, madame, et aucun fils n'est plus respectueux et plus tendre; croyez-le bien.
—Je le crois... car je ne veux que son bien.
—Il le sait, madame.—Puis je fis un signe à M. Sécherin, en lui montrant sa mère pour l'engager à lui dire quelques paroles de tendresse filiale. Sa froideur m'effrayait. Je craignais que madame Sécherin ne voulût profiter de ma présence pour lui adresser des reproches qu'elle comprimait depuis si longtemps.
M. Sécherin s'approcha de sa mère, lui prit la main, la baisa en disant:
—Pardonnez-moi, ma mère; vous savez que je suis souffrant depuis quelque temps. Cela m'a rendu peut-être le caractère inégal, j'ai fait ma confession à ma cousine. Elle m'a bien grondé,—ajouta-t-il en souriant tristement,—je tâcherai d'être plus sage à l'avenir.
—Cela vous coûtera sans doute beaucoup,—dit sévèrement sa mère.