—Je ne le crois pas, monsieur.
—Ah bah! et par quel philtre puissant, par quel charme magique attendrirez-vous M. le commissaire?
—Par un moyen très-simple, monsieur, en mettant sous les yeux de ce magistrat les preuves positives de votre liaison criminelle avec madame Sécherin, et du coupable emploi que vous avez fait de ma fortune.
—Des preuves? Une attestation du prince d'Héricourt, sans doute, ou un certificat de cette belle duchesse repentie?
—Mieux que cela, monsieur.
—Alors ce sera quelque doléance de ce pauvre M. Sécherin ou de madame sa mère, la femme de ménage de la Providence? comme disait mademoiselle de Maran.
—Prenez garde, monsieur,—m'écriai-je,—prenez garde: il peut y avoir en effet quelque chose de providentiel dans la triste destinée de cette famille...
Je ne pouvais m'empêcher de songer à ces menaces de mort que M. Sécherin avait prononcées contre M. de Lancry.
—En effet, il doit y avoir quelque chose de providentiel, car ce pauvre M. Sécherin me semble singulièrement prédestiné...—me dit mon mari en souriant de cette grossière plaisanterie.
—Monsieur, je ne sais ce qui l'emporte de l'indignation ou du dégoût. D'un mot je veux terminer cette scène: les preuves au nom desquelles je demanderai de me retirer provisoirement au couvent du Sacré-Cœur en attendant qu'on prononce notre séparation...