—A votre tour vous pouvez beaucoup... beaucoup pour moi, chère enfant.

—Comment cela?

—En m'accordant la plus aveugle confiance... en écoutant mes avis, en suivant mes conseils, en vous persuadant surtout que je ne puis vouloir que votre bonheur.

—Oh! je le sais... je le crois... je vous promets tout.

—A ce prix... votre mariage... avec M. de Rochegune aura lieu bientôt... peut-être même plus tôt que vous n'auriez pu l'espérer. Des obstacles de peu d'importance d'ailleurs seront facilement levés; mais vous avez été si souffrante, vous êtes encore si faible, qu'il ne faut pas songer à le revoir avant quelques jours; sa vue vous causerait une émotion dangereuse.

—Oh! non... non... il me semble qu'elle me guérirait tout à fait.

—Enfant... mais lui, s'il vous retrouvait si changée! car c'est surtout depuis son départ que votre maladie a fait de rapides progrès.

—Oui... quand il est parti, il m'a semblé que je recevais le dernier coup, que tout s'éteignait autour de moi... j'ai fermé les yeux et j'ai demandé à Dieu de me rappeler à lui... mais dans sa miséricorde il m'a envoyé un de ses bons anges pour veiller sur moi.

Et elle me baisa les mains avec tendresse.

—Laissez-moi donc vous conduire, mon enfant... et surtout ne faites pas un vif chagrin à M. de Rochegune.