J'ouvris la lettre en tremblant et je lus ces mots:
«Notre destinée s'accomplit. Il est des joies imposantes, solennelles, comme la prière... Quand j'ai reçu votre lettre, je suis tombé à genoux et j'ai pleuré... A quelle heure vous verrai-je?»
Je répondis à la hâte:
«A une heure je vous attends.»
A une heure M. de Rochegune entra chez moi.
CHAPITRE IV.
LE RETOUR.
En entrant chez moi, le premier mouvement de M. de Rochegune fut de se jeter à mes pieds, de prendre mes mains, de les couvrir de larmes de bonheur... lui, toujours si maître de lui, semblait en proie à une joie folle. Jamais je n'avais vu ses traits pour ainsi dire éclairés par ce rayonnement intérieur que donnent les joies immenses et inespérées.
Mes yeux étaient secs, brûlants; j'avais usé mes pleurs, je me sentais stupide: je ne prévoyais pas ce que j'allais répondre à M. de Rochegune, lorsqu'il me demanderait compte du renversement subit de ses espérances.