Ainsi qu'Ursule m'en avait prié, je brûlai les papiers que je trouvai dans son secrétaire.
A la dimension de l'enveloppe, il me parut qu'elle devait renfermer aussi les feuillets de l'album sur lequel ma cousine avait écrit quelques détails de sa vie, et dont M. Lugarto m'avait envoyé une copie due sans doute à l'infidélité de la femme de chambre d'Ursule.
Cette fille, créature de M. Lugarto, avait-elle abandonné sa maîtresse depuis ou avant son empoisonnement? je l'ignorais.
Heureusement pour M. Sécherin, il resta dans un complet égarement, absolument étranger à ce qui se passait autour de lui.
Sa mère le conduisit dans la chambre d'Ursule; il s'assit sur son lit les bras croisés, les yeux fixes, et resta ainsi longtemps muet, immobile.
Pourtant il vint plusieurs fois la nuit pendant que nous priions avec sa mère, s'agenouiller comme nous; mais il semblait nous imiter machinalement et ne pas comprendre ce qu'il faisait: son regard était toujours égaré, ou il s'en retournait dans sa chambre sans dire une parole.
Vers le matin, tombant de fatigue et de sommeil, il s'endormit dans un fauteuil.
Usant de son droit avec une rigueur peut-être extrême, l'Église avait refusé de recevoir le corps d'Ursule, qui fut directement conduit au cimetière.
Je ne voulus pas quitter cette triste demeure avant que tout ne fût accompli.
De ma vie... oh! de ma vie je n'oublierai ce tableau déchirant.