Était-ce une nouvelle et horrible machination de M. Lugarto? C'est ce qu'alors ni moi ni madame de Richeville nous ne pûmes démêler.

Lorsque la réflexion me vint, je me dis qu'après l'exclamation d'Emma j'aurais dû peut-être empêcher madame de Richeville de faire son irréparable aveu, en affirmant que cette lettre mentait; mais le soupçon aurait toujours été éveillé dans l'esprit d'Emma, et pour elle ce doute aurait été probablement aussi cruel que la certitude......

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Plus j'approche du dénoûment de ces tristes mémoires, plus les événements s'assombrissent.

Je sens quelquefois le courage me manquer.

Ce qui me reste à raconter est encore si récent, que je n'ai pas la force de m'y appesantir comme sur des faits depuis longtemps passés.

Je n'ai jamais reculé devant l'analyse de mes douleurs; j'y cherchais, j'y trouvais un certain charme amer. Pour moi, bien souvent méconnue... pour moi, qui ne m'étais jamais plainte, ce récit était comme une explosion de larmes et de sanglots trop longtemps comprimés...

Mais lorsqu'il s'agit de peindre les angoisses déchirantes de ceux que j'ai tant aimés, mon cœur se serre atrocement... je sens ma plume presque s'arrêter......

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Le lendemain de cette scène fatale, Emma me dit ces mots, qui résumaient la douloureuse position dans laquelle elle devait se trouver déformais à l'égard de madame de Richeville.