—Elle a surtout des yeux... des yeux... oh!... on n'a jamais vu des yeux pareils—dit M. de Fierval.
—Quant à sa taille—ajouta le domino—c'est une perfection... de contrastes... imposante comme une reine, svelte et souple comme une bayadère.
—Ces louanges-là sont bien près de devenir des méchancetés, beau masque—dit Brévannes.
—Vraiment—reprit Fierval—il n'y a personne à comparer à la princesse pour la taille, pour la dignité, pour la grâce, pour la distinction des traits. Et puis son regard a quelque chose de sombre, d'ardent et de fier, qui contraste avec le calme habituel de sa physionomie.
—Moi, je l'avoue, il me semble que madame de Hansfeld a quelque chose de sinistre dans la figure... si beaux que soient ses yeux, on dirait des yeux... diaboliques.
—Peste! cela devient intéressant—s'écria M. de Brévannes;—la princesse est une véritable héroïne de roman moderne. Après tout ce que je viens d'entendre dire sur sa figure, je n'ose vous parler de son esprit. Ordinairement on n'exulte certaines miraculeuses perfections qu'aux dépens des imperfections les plus prononcées.
—Tu te trompes—dit le domino.—Ceux qui ont entendu parler madame de Hansfeld, et ceux-là sont rares, la disent aussi spirituelle que belle.
—C'est vrai—reprit Fierval;—on peut seulement lui reprocher sa sauvagerie, qui s'effarouche des plaisanteries les plus innocentes.
—Il faut que la princesse y prenne garde—dit le domino.—Si ses affections de pruderie durent encore quelque temps, elle se verra aussi abandonnée des hommes que recherchée des femmes, qui à cette heure la redoutent encore, ne sachant pas si son rigorisme est réel ou affecté.
—Mais—dit M. de Brévannes—qui peut faire supposer la princesse capable d'hypocrisie?