C'était la princesse.


CHAPITRE IV.

PAULA MONTI.

M. de Morville ne pouvait en croire ses yeux.

Ce n'était pas une illusion... il se trouvait en présence de madame de Hansfeld.

Il faudrait le talent d'un grand artiste pour rendre le caractère énergique, sévère de ce visage impérial, pâle et beau comme un masque de marbre antique, pour peindre ce regard noir, profond, impénétrable, que les traditions du Nord prêtent aux mauvais esprits.

Qu'on excuse notre ambitieuse comparaison, mais en évoquant la qualité poétique de Cléopâtre et de lady Macbeth, on se figurerait peut-être le mélange de séduction dominatrice et de grandeur sombre empreint sur la physionomie de la Vénitienne Paula Monti, princesse de Hansfeld.

Madame de Hansfeld avait arraché son masque.

Son capuchon abattu projetait une ombre vigoureuse sur son front, tandis que le reste de son visage était vivement éclairé; ses yeux brillaient d'un nouvel éclat au milieu du clair-obscur où se trouvait la partie supérieure de la figure.