—Je vous crois, monsieur, par un rapprochement, par un quiproquo étrange, lorsque j'ai su que vous aviez une puissante raison de me fuir, j'ai cru qu'il s'agissait d'une triste... bien triste circonstance dans laquelle à des yeux prévenus je pourrais paraître avoir joué un rôle indigne de moi et mériter même l'aversion que vous me témoigniez.... Votre serment me rassure... je m'étais trompée.... Rien sans doute n'a transpiré de cette funeste aventure. Maintenant, monsieur, cet entretien n'a plus de but... j'étais venue ici pour vous faire connaître les suites funestes que pouvait avoir l'indiscrétion que je redoutais.... Heureusement mes craintes étaient vaines. Maintenant, peu m'importe que l'on remarque ou non que vous évitez toutes les occasions de me rencontrer; quant à la cause qui vous obligea me fuir, elle m'est indifférente.... Adieu, monsieur... vous êtes homme d'honneur, je ne doute pas de votre discrétion.

Et madame de Hansfeld fit un mouvement pour sortir.

M. de Morville l'arrêta respectueusement par la main:

—Un mot encore, madame... jamais, sans doute, je ne me retrouverai seul avec vous.... Sachez au moins une partie de mon secret. Alors vous me plaindrez peut-être... oui... car vous saurez qu'il me faut une grande résolution pour vous fuir, madame.... Lorsqu'un sentiment contraire à la haine.... Oh! ne prenez pas ceci pour une parole de galanterie.... De grâce, écoutez-moi.

Madame de Hansfeld, qui s'était levée, se rassit, et écouta en silence M. de Morville.


CHAPITRE V.

L'AVEU.

—Lors de votre arrivée à Paris, madame—dit M. de Morville à madame de Hansfeld—avant d'aller occuper l'hôtel Lambert, vous avez habité pendant quelque temps rue Saint-Guillaume; vous ignoriez sans doute que la maison de ma mère était voisine de la vôtre?

—Je l'ignorais, monsieur.