—Le lendemain je voulus aller, comme d'habitude, souhaiter le bonjour à ma tante: Gianetta me dit d'un air embarrassé que madame Vasari était souffrante et qu'elle ne pouvait me recevoir.

Au moment où je rentrais chez moi, un inconnu me demanda. Cet homme, sombre, pâle... me remit une lettre... sans me dire un mot.... Je ne sais pourquoi un frisson me saisit. J'ouvris cette lettre, elle renfermait un anneau que j'avais donné à Raphaël.

—Et cette lettre, marraine, cette lettre?

—Elle était de Raphaël mourant.

—De Raphaël?

—Oui. Elle contenait ces mots, que je crus voir tracés en caractères de sang:

«Je suis à Florence depuis deux jours. Je sais tout. Cette nuit j'ai vu Brévannes descendre de votre balcon... vous avez ensuite fermé la fenêtre. Je me suis battu avec lui... tout à l'heure... cela était convenu. J'ai cherché la mort: il me l'a donnée. Soyez maudite.... Osorio vous dira... lorsque vous retournerez à Venise.... Cachez à ma mère.... Ma vue se...»

—Puis plus rien—s'écria madame de Hansfeld avec une expression déchirante... rien que quelques caractères sans forme.

—Quel mystère! dit Iris en joignant les mains—qui avait donc paru à la fenêtre de votre chambre?...

—Ne t'ai-je pas dit que ma tante avait pris le soir la même chambre que j'occupais encore le matin? Sans doute Charles de Brévannes en avait obtenu un rendez-vous pour servir ses affreux desseins... tu vas voir comment.... Elle est de ma taille, brune comme moi: de là cette fatale méprise de Raphaël.