—Oh! merci! merci, Charles! me voilà heureuse pour toute la soirée.
—C'est-à-dire jolie... et tant mieux, car mon amour-propre de mari n'aura pas à craindre pour toi le voisinage de madame Girard.
—Je n'ai pas la prétention de lutter avec elle. Mais comme elle arrive tard... Êtes-vous sur qu'elle aura reçu le coupon que vous lui avez envoyé il y a deux jours?
—Sans doute, on l'a remis à Girard lui-même; mais en sa qualité de merveilleuse... surnuméraire, madame Girard ne peut arriver qu'après tout le monde... pour produire son effet.
—Charles, vous êtes méchant.
—Parce que madame Girard est ridicule, parce qu'elle gâte une jolie figure par les plus sottes prétentions du monde.... Elle n'a qu'une pensée, celle d'imiter, ou plutôt de parodier en tout la mise de madame de Luceval, parce que celle-ci est la femme la plus à la mode de Paris.
—En effet, vous m'avez déjà parlé de ce travers de madame Girard. Je voudrais bien voir madame de Luceval... la marquise de Luceval, je crois? on la dit charmante.
—Charmante, très originale, risquant des toilettes qui ne vont qu'à elle, et que cette petite sotte de madame Girard copie avec acharnement, sous le prétexte qu'elle lui ressemble.
—Est-ce qu'en effet?...
—Oui—reprit M. de Brévannes—comme une oie ressemble à un cygne....