—Oui, je puis, si vous l'exigez, vous dire par quels moyens vous pouvez être libre.... Mais prenez garde... prenez garde....
Madame de Hansfeld regarda fixement Iris.
—Que je prenne garde?
—Oui... vous pourrez amèrement regretter de m'avoir interrogée à ce sujet.... Vous avez des scrupules, ils deviendront plus grands encore si vous êtes instruite de mes desseins.... Sans la parole que vous m'avez fait donner de ne pas agir à votre insu... je vous aurais épargné ces angoisses.... Quelquefois même je me demande s'il n'est pas insensé à moi de vous obéir pour cela.... Je n'ai d'autre but que votre bonheur.... L'odieux du parjure ne retomberait que sur moi... peu importe... vous seriez heureuse.
—Oseriez-vous manquer à ce que vous m'avez promis?
—Malheureusement je ne l'ose pas; un mot de vous est une loi pour moi.... Au moins que cette soumission à vos volontés vous donne une foi profonde, aveugle, dans ma parole....
—Dans votre parole?—dit amèrement Paula.
—Oui... et je vous jure que les événements ont marché de telle sorte, sans que vous y soyez mêlée en rien, vous le savez mieux que personne... qu'avant huit jours... vous serez peut-être libre... et non seulement aucun soupçon ne vous atteindra, mais l'intérêt, mais les sympathies du monde seront pour vous..
Madame de Hansfeld regarda Iris avec surprise, presque avec stupeur.
—Mais, s'il en est ainsi, pourquoi ne pas me faire part de ces événements, puisque j'y suis, dites-vous, absolument étrangère?