M. de Hansfeld était à la fois surpris, ému, troublé.
Il venait de voir Berthe descendre de voiture avec M. de Brévannes, Berthe à qui il avait cru dire à tout jamais adieu lors de sa dernière entrevue avec elle chez Pierre Raimond.
Ayant toujours ignoré que Paula connaissait M. de Brévannes, Arnold ne pouvait concevoir pourquoi celui-ci conduisait sa femme à l'hôtel Lambert, et comment madame de Hansfeld s'était liée avec Berthe, dont elle le savait épris. Paula, pour échapper au voyage d'Allemagne dont son mari la menaçait, ne l'avait-elle pas menacé à son tour de révéler les entrevues qu'il avait avec Berthe chez le graveur, de les révéler, disons-nous, à M. de Brévannes?
Quel était donc le but de Paula en recevant Berthe à l'hôtel Lambert? Était-ce affectation, indifférence?
Arnold se perdait en conjectures; en songeant qu'il allait revoir Berthe, l'étonnement, le bonheur, la crainte l'agitaient malgré lui. Il dit à Paula, d'une voix légèrement émue:
—Il me semble que je viens de voir entrer une visite pour vous?
—Oui...—répondit madame de Hansfeld avec embarras.—Une femme de mes amies m'a présenté dans le monde madame de Brévannes, que l'on dit charmante et que vous trouvez telle...—ajouta-t-elle en riant d'un air forcé.—Madame de Brévannes m'a demandé quand je restais chez moi, je lui ai dit aujourd'hui et je l'avais oublié... On l'a fait un moment attendre avec son mari.... Ne vous ayant pas vu, il m'a été impossible de vous prévenir de cette visite... qui, je le crois, ne pouvait d'ailleurs vous être désagréable.
—Ma marraine me permettra-t-elle de lui faire observer que voilà déjà bien longtemps que les personnes attendent?—dit Iris avec une sorte de familiarité respectueuse à laquelle on était habitué.
—Elle a raison—dit M. de Hansfeld, imprudemment entraîné par le désir de revoir Berthe; il sonna.
Un laquais parut.