—En effet—dit Paula pour prendre part à la conversation—dans le faubourg Saint-Germain, ce quartier des beaux hôtels que nous avons habité pendant quelque temps, on ne trouve rien de comparable à cette demeure véritablement grandiose.

—On ne peut plus bâtir des palais maintenant—dit M. de Brévannes—les fortunes sont beaucoup trop divisées.... Vous avez beaucoup plus de bon sens que nous, messieurs les étrangers; en Angleterre, en Russie, en Allemagne aussi, je le suppose, le droit d'aînesse a sagement maintenu le principe de la grande propriété.

—Je suis sûr, monsieur—dit en souriant M. de Hansfeld—que vous n'avez jamais eu de frère ou de sœur?

—C'est vrai, monsieur; mais qui vous donne cette certitude?

—Votre admiration pour l'excellence du droit d'aînesse.

M. de Brévannes ne comprit pas ce qu'il y avait d'aimable dans les paroles du prince, et il répondit:

—Vous croyez, monsieur, que si je n'étais pas fils unique j'aurais eu d'autres manières de voir à ce sujet?

—Je crois, monsieur, que votre manière d'aimer vos frères et vos sœurs aurait complètement changé votre manière de voir à ce sujet. Mais, pardonnez-nous, madame—dit le prince en s'adressant à Berthe—de parler pour ainsi dire politique; ainsi, sans transition aucune, je vous demanderai ce que vous pensez de la nouvelle comédie... donnée au Théâtre-Français. Madame de Hansfeld et moi, nous avons eu le plaisir de vous y voir, je n'ose dire de vous y remarquer.

—Cela ne pouvait guère être autrement—dit Berthe en reprenant un peu d'assurance—j'étais à côté de madame Girard, qui avait une coiffure si singulière qu'elle attirait tous les regards.

—Je vous assure, madame—reprit Paula—qu'en jetant les yeux dans votre loge nous n'avons vu le singulier bonnet... le sobieska de madame Girard, que par hasard.