—Oubliez-vous votre promesse de me faire visiter ce pavillon, votre retraite chérie? Oh! je n'abandonne pas cette bonne occasion de vous forcer à remplir votre promesse.... Tenez, la pluie augmente; venez... de grâce? Mais qu'avez-vous donc, vous me répondez à peine.... Vous tremblez, c'est de froid, sans doute... imprudente!...

—Je ne puis vous dire ce que j'éprouve, mais je ressens une terreur vague, involontaire.... Je vous en supplie, malgré la pluie, retournons au château.

—Mais c'est un enfantillage auquel je ne consentirai pas. Vous vous trouvez un peu souffrante, il ne faut donc pas vous exposer davantage.... Cette pluie est glacée, le chalet est à vingt pas.

—Eh bien! promettez-moi de partir demain.

—Encore?

—Oui.... Ne me demandez pas pourquoi; j'ai peur pour vous, pour moi; je ne serai tranquille que lorsque vous serez éloigné d'ici. Je ne m'explique pas ces craintes... mais je les éprouve cruellement.

—Mais enfin... admettez que votre mari soit jaloux.. qu'avez-vous à redouter? quel mal faisons-nous? Il est d'ailleurs plein d'attentions pour vous, il ne soupçonne rien.

—Ce sont justement ses bontés... si nouvelles pour moi... et sa douceur hypocrite qui m'épouvantent.... Lui, autrefois si brusque.... Et un jour...—Berthe tressaillit et s'écria en s'interrompant et en mettant une main tremblante sur le bras d'Arnold:—Encore!!! je vous assure qu'on marche dans ce taillis.... On nous suit.

Arnold prêta l'oreille, entendit en effet quelques branches crier dans l'épais fourré de buis et de houx; malgré la difficulté de pénétrer dans ce massif inextricable, Arnold allait s'y enfoncer, lorsque le bruit augmenta, le feuillage frémit, et à quelques pas un chevreuil bondit et sauta sur la route.

Arnold ne put retenir un éclat de rire, et dit à Berthe: