IV

IL DUOMO

Nous voici sur la place de la Cathédrale, où se présentent à nos yeux les ravissants et gigantesques monuments de la Cathédrale, de la Tour penchée et du Baptistère.

La cathédrale (pl. 22, B 1), construite en marbre, commença à être édifiée en 1063 sur l'emplacement de l'ancienne église de Sainte-Reparate. Une inscription fixée à la façade dit que les Pisans, avec les trésors enlevés aux barbares dans la conquête de Palerme, entreprirent ce superbe ouvrage sous la direction de l'architecte Buschetto. Son sépulcre est là, près du tombeau de la reine des îles Baléares, îles dont, par une éclatante victoire, les Pisans se rendirent maîtres en 1117.

FAÇADE DE LA CATHÉDRALE

Les trois merveilleuses portes en bronze (du côté de la façade), avec des bas-reliefs exprimant les principaux faits de la Vie de Notre-Seigneur et de la Vierge, furent exécutées, en 1602, par le P. Dow. Partigiani, dominicain, et par Ange Serrano, sur les dessins de Jean de Bologne, du Turini, du Mochi, de Jean dell'Opera et de Gaspard Mora.

La façade, tournée au couchant, est ornée de 58 colonnes et d'arcades, qui forment 4 galeries de colonnettes superposées diminuant graduellement.

Au-dessus de ces galeries sont placées cinq statues, la plus élevée desquelles représente la Vierge. Elles sont du temps de Niccola Pisano.

La basilique, de la longueur de près de 100 mètres et de plus de 32 de largeur a la forme d'une croix latine; elle a cinq nefs et est ornée de belles galeries et d'un riche plafond à caissons dorés. Un transept à 3 nefs la traverse. Dans la nef du milieu, on admire l'abside avec une grande mosaïque sur fond d'or représentant le Sauveur entre la Vierge et saint Jean-Baptiste, par Cimabuë, et au-dessus s'élève la magnifique voûte, dite du Ghirlandajo, parce qu'elle est décorée d'anges peints par cet artiste.

La coupole, de forme elliptique, fut peinte à l'huile par Horace Riminaldi de Pise. A un des grands piliers qui la soutiennent, le dernier à droite, est suspendu le précieux tableau de sainte Agnès d'Andréa del Sarto, et, en face, une Madone de Pierino del Vaga. Au milieu de la voûte est suspendu un lampadaire ancien, orné de petits enfants en bronze, de Vincent Possenti (1583). La tradition veut qu'en observant ses oscillations, le grand Galilée Galilei découvrit les lois du pendule.