On entre dans l'église supérieure du côté de la rue Cavour en montant plusieurs marches. Au-dessus du portail est un bel architrave, reste d'un ancien épistyle. L'objet qui dans cette église frappe l'attention est un Crucifiement sur panneau, de l'ancienne école pisane. Au sortir, en tournant à gauche, on trouve la place de la Berlina, où s'élève une colonne avec la statue de l'Abondance, oeuvre de Pierin da Vinci, neveu de l'immortel Léonard, et l'on rentre à Lungarno Mediceo.
Parmi les palais qu'on rencontre en descendant vers l'Est, nous citerons: celui du comte Agostini, qui a une belle façade clair-obscur: puis celui de Lanfranchi, maintenant Toscanelli, dont l'architecture est attribuée à Michel-Ange. La façade est tout en marbre. Il fut habité par Lord Byron en 1822. A côté est le palais de Roncioni, où l'on conserve les plus riches archives privées de Pise, qui renferment des parchemins du VIIIe et du XVIIIe siècle, et plusieurs documents de l'histoire du pays. L'Archiprêtre Raphaël, auteur des Histoires Pisanes, était de la famille Roncioni. Il mourut en 1618.
Nous voici, après avoir traversé la place de la Fontina, au célèbre Palais Mediceo, qui fut autrefois la première résidence des grands-ducs Médicis. Ce fut là que Cosme Ier tua son fils D. Garzia, pour venger la mort de son autre fils le Cardinal Jean, que D. Garzia avait par jalousie assassiné en 1562. Ce palais est devenu aujourd'hui la propriété du marquis Spinola qui l'a fait reconstruire dans son ancien style gothique.
XII
S. MATTEO
L'église de Saint-Mathieu (pl. 45, E 45), fondée en 1027, ainsi que le monastère annexé, (aujourd'hui transformé en prison judiciaire), par Donna Teuta, femme d'Hildebert Albito, attire la curiosité du voyageur qui admire sa surprenante voûte peinte par les Frères Melani de Pise. Pour mieux jouir de tous les sujets religieux et des ornements d'architecture qui la décorent, il est nécessaire de s'arrêter au milieu de l'église, sur une petite pierre bleuâtre, octangulaire. De là, on aperçoit l'admirable artifice de ce travail, et la voûte se montre alors beaucoup plus élevée qu'elle ne l'est en réalité.
Nous voici à l'extrémité du quai: vous avez à gauche la rue Sainte-Marthe (pl. 27, F 4), où est l'église de ce nom édifiée en 1342, dans laquelle on voit à droite de l'autel une peinture qui représente la Nativité de Jésus-Christ, par L. Pêcheux de Lyon, et à gauche sainte Marthe agenouillée devant le Seigneur, par G.-B. Tempesti. Il faut observer à droite de la porte d'entrée un Crucifiement sur panneau de l'ancienne école pisane.
Revenant vers Lungarno, vous avez encore à gauche la spacieuse place de Saint-Silvestre, (pl. 46, G 5). Dans l'église (maintenant fermée), est un remarquable bas-relief en terre cuite, ouvrage du célèbre Della Robbia. Du couvent annexe, on a fait une maison de correction pour les enfants.
Auprès du pont de la Forteresse ou des Piagge, se trouvent la Barrière et l'agréable promenade qui portent ce nom. Du pont, on jouit, de chaque côté, d'un admirable coup d'oeil.