«Vous peignez dans vos rapports les représentants du peuple, illégalement arrêtés, comme des factieux et des instigateurs de la guerre civile.
«Je vous dénonce à mon tour à la France comme des imposteurs et des assassins.
«Et je vais prouver ma dénonciation:
«Vous êtes des imposteurs, car si vous pensiez que les membres que vous accusez fussent coupables, vous auriez déjà fait un rapport et sollicité contre eux un décret d'accusation, qui flatterait tant votre haine et la fureur de leurs ennemis.
«Vous êtes des imposteurs car, si ce que vous dites, si ce que vous avez à dire était la vérité, vous ne redouteriez pas de les rappeler pour entendre les rapports qui les intéressent, et de les attaquer en [leur] présence.
«Vous êtes des assassins; car vous ne savez les frapper que par derrière; vous ne les accusez pas devant les tribunaux où la loi leur accorderait la parole pour se défendre; vous ne savez les insulter qu'à la tribune, après les en avoir écartés par la violence, et lorsqu'ils ne peuvent plus y monter pour vous confondre.
«Vous êtes des imposteurs; car vous les accusez d'exciter dans la république des troubles que vous seuls et quelques autres membres dominateurs de votre Comité avez fomentés.»
Et il continue sa dénonciation vengeresse en répétant toujours, comme un refrain, ces deux mots: assassins, imposteurs. C'est un véritable discours, un des plus oratoires même que Vergniaud ait composés, le plus nerveux peut-être. Voici sa péroraison:
«Je reprends. Vous n'aviez aucune inculpation fondée à présenter contre les membres dénoncés.
«Vous avez dit: