Je connoy coulorez et blesmes;

Je connoy mort, qui tout consomme;

Je connoy tout, fors que moy mesmes.

Marot, avant Racine, avait employé cette rime de mesmes avec diadèmes. Il était alors homme de guerre, et se trouvait au camp d'Attigny, près de Rhetel, lorsque Henri de Nassau vint assiéger Mézières, dont la défense valut tant de gloire à Bayard (1521). Marot écrit à Marguerite, sœur de François 1er, qui fut depuis la célèbre reine de Navarre, et qui n'était alors que madame d'Alençon. Le soldat poëte envoie à la duchesse des nouvelles de l'armée:

Ne pensez pas, dame où tout bien abonde,

Qu'on puisse veoir plus beaux hommes au monde;

Car, à vrai dire, il semble que nature

Leur ait donné corpulence et facture

Ainsy puissante, avec le coeur de mesmes,

Pour conquerir sceptres et diadesmes.