—Devant que le verrai ne serai asseur,
Lors prirent pic et houe pour querir leur eur.
(Jubinal, Nouv. Recueil, I, 131.)
[39] Un séyu, un sureau, en picard.
«Au bout du jardin, droit dessous un sureau (c'est un arbre qui mûrit en septembre.)—Jusqu'à ce que je l'aie vu, je n'en serai pas certaine. Alors ils prirent pic et houe pour chercher leur bonheur.»
Prononcez séu,—méu,—asséu,—éu. Cette forme serre de plus près le latin securus, maturus.
C'est surtout pour le participe passé passif en u que cette diérèse est essentielle à observer. Je ne crains pas, vu l'importance de la remarque, de répéter ici ce que j'ai dit plus haut à l'article du v euphonique. Quantité de verbes, par suite de la synérèse, c'est-à-dire, de la fusion de deux voyelles en une, ont perdu une syllabe au participe passé passif, et ainsi présentent une irrégularité; mais cette irrégularité est toute moderne. Autrefois savoir faisait sé-u; recevoir, recé-u; apercevoir, apercé-u; véoir, vé-u; avoir, é-u; etc.:
Trop par éüs le cuer hardi[40]
Quand tu devant moi feru l'as…
Et quand j'ai béü et mangié.