(De Constant Duhamel.)
Le nom propre Perthus atteste cette prononciation.
Mais il arriva par la suite que l'i disputa la prédominance, et finit par l'emporter sur l'u; si bien qu'il l'effaça, et ressortit seul de cette notation ui.
Ki, kider, kidan, kisine, keux, furent très-bien figurés qui, cuider ou quider, quidam, quisine ou cuisine, queux…, etc.
Et puis, puisque, se prononcèrent et pis, pisque.
De ce conflit résulta la double forme il vécut, il véquit.
On s'avisa alors d'une autre combinaison pour briser le son de l'u: on abandonna l'i, et la fonction qu'il ne remplissait plus fut donnée à l'e; seulement il fallut mettre cet e avant l'u, eu, parce que l'autre disposition ue était déjà consacrée à un autre emploi. U fut donc noté par eu; mais ce fut une invention tardive, et qui ne me paraît pas remonter plus haut que le XVIe siècle.
A cette époque, eu sonnait u. «Tout ce qui parle bien en France, dit Théodore de Bèze, prononce hûreux.» (De Fr. ling. rect. pr., p. 60); meur, blesseure, heurler, sonnaient mûr, blessure, hurler. De là date le resserrement de toute une classe de participes passés. On les écrivait jadis par eu, avec diérèse; la nouvelle convention orthographique leur enleva une syllabe. On continuait à écrire sceu, veu, receu, conneu, et l'on prononçait sçu, vu, reçu, connu, du moins à Paris; car à Chartres, à Orléans et en Normandie, on continuait à dire vé-u, recé-u, conné-u.—Vitiosè, dit Théodore de Bèze, qui ne soupçonne pas que c'était archaïcè.
De jejunium, jé-une, avec diérèse, puis june, juner: