Prononcez nulu et liu.
§ II.
NOTATIONS DIVERSES DU SON EU.
On ne répétera pas ici ce qui a été dit, page [54], sur el exprimant le son eu.
Nos pères reconnurent dès l'origine que le son eu n'est qu'un affaiblissement du son plein de l'u (ou). Pour amoindrir ce son, ils attachèrent à l'u un e, en cette manière, ue.
—«Quel chose est li homes ke tu l'magnefies, ou por koi mes tu ton cuer a luy?» (Saint Bernard, p. 526.)—«Queu chose est l'homme que tu le magnifies, ou pourquoi mets-tu en lui ton cœur?»—«Il les cuers daignet enlumineir par sa niant visible poixance.» (Ibid., 528.)—«Il daigne illuminer les cœurs par son invisible puissance.»
L'archevêque Turpin montait un cheval qui avait la queue blanche et la crinière jaune:
Blanche la cue et la crignete jalne.
(Chans. de Roland, st. 113.)
Le IIIe livre des Rois, chapitre VII, dit que l'on voyait dans le temple de Salomon douze bœufs, dont les queues étaient tournées toutes ensemble: