[51] On aimait alors cette forme d'appellation. Il y avait encore la rue qui m'y trova si dure, abrégée, du temps de Sauval, en rue trop va qui dure. C'est aujourd'hui la Vallée de misère, quai des Augustins.

O.

La langue française n'a plus de mots terminés par o[52]. Elle en a jadis possédé trois: jeo, ou jo, iceo et ceo, ou co (l'e n'est que pour adoucir le c), formes normandes, qui furent bientôt remplacées par je, ice, dont il nous reste icel, icelui, et ce, abrégé d'ice.

[52] Bien entendu, je ne compte pas les mots importés de l'italien ou du latin, comme alto, soprano, vertigo, prurigo; ce ne sont pas des mots français.

Les formes en o ne se rencontrent guère que dans les textes du XIe siècle, ou du commencement du XIIe, dans le livre des Rois, dans saint Bernard, dans la chanson de Roland, dans les deux poëmes de Wace, le Rou et le Brut, dans quelques fabliaux, etc. Dans le provençal, d'où ces formes paraissent venues, la terminaison en o est une terminaison féminine, qui remplace la terminaison italienne en a, et la française en e muet; il est donc tout naturel que cet o puisse s'élider.

Charlemagne demande qui veut aller en ambassade à Sarragosse, vers le roi Marsile:

Respunt dux Naimes: Jo irai par vostre dun.

(Roland, st. 17.)

«J'irai par votre don, par votre grâce.»

Le fils du roi Marsile, voyant son père irrité du message de Charlemagne, veut tuer Ganelon, qui en a été le porteur. Livrez-le-moi, s'écrie-t-il: