Cunseil, en trois syllabes, de consilium. Coume ice ouït Saül.—«Comme Saül entendit cela, il entra en grande fureur, et le Saint-Esprit lui donna conseil.»
U.
L'élision de l'u est plus rare, parce qu'il y a moins de mots terminés en u, et surtout à cause de la faculté de changer au besoin l'u voyelle en u consonne, de prononcer Dev a dit, quand il y a sur le papier Deu a dit.
Mais il est à remarquer que le peuple fait toujours l'élision de l'u du pronom de la seconde personne tu, et dit t'as, t'auras, pour tu as, tu auras:
Dois tu crier: Appele! appele!
Le cuir trousse derriere toi.
N'est pas merveille se t'as soi.
(La Chace dou cerf, Jubinal, Nouv. fabl., I, p. 169.)
Dès l'instant que toutes les voyelles s'élident l'une sur l'autre, il est clair qu'elles s'élident sur elles-mêmes; que deux a, deux i, venant à se rencontrer, l'un à la fin d'un mot, l'autre au commencement du mot suivant, s'absorberont en un seul, et ne compteront que pour une syllabe. Un homme du peuple ne dira pas, Je vais à Amiens, mais Je vais à 'miens, ou Je vais 'Amiens. Cette fusion est la plus naturelle de toutes. Personne, à moins d'être un pédant renforcé, ne prononce j'y irai, en faisant sentir la répétition de l'i: on dit simplement j'irai, par respect pour les oreilles d'autrui; mais en vers cette élision n'est plus permise, qui l'était autrefois.
Roland, à la bataille de Roncevaux, trouve le cadavre de son cher Olivier mêlé parmi ceux des soldats. On le relève, on le charge sur un bouclier, et l'archevêque Turpin vient bénir les morts et leur donner l'absolution, ce qui augmente, rengrège, comme parle encore la Fontaine, le deuil et la pitié: