«Et chaque soir en votre bosquet, tout près de la petite porte, vous le guetterez soigneusement.»—C'est le conseil donné à Fayel par son espion, relativement aux visites clandestines du sire de Coucy.

On employait indifféremment la forme complète ou l'abrégé, vostre ou vos.

Coucy déclarant son amour à la dame de Fayel:

Car vo grant sens et vo biautez,

Vostre maniere, vo nobletez,

Font que je suis vos vrais amis.

(Coucy, v. 200.)

Cette forme est proprement du langage picard, où elle subsiste toujours. Sur quoi il est important de remarquer que les copistes, écrivant rapidement, mettent quelquefois, par faute d'attention, vos, nos, pour vostre, nostre; et réciproquement, nostre, vostre, pour nos, vos. Il faut savoir cela pour rétablir en lisant la mesure d'un vers estropié sur le papier, par exemple:

Vos estes proz et vostre saveir est grant.

(Roland, st. 256.)