Pour ce qu'il soit d'enfer deslivres
Les vos baille en son testament.
—Et dist l'evesques: Diex l'ament[68],
Et si li pardoint ses meffais
Et tous les peschies qu'il a fais!…
[68] Que Dieu l'amende.
Rabelais, Swift ni Voltaire ne content pas d'une manière plus piquante. Quelle charmante naïveté que celle de ce bon évêque, qui, sans autre transition que celle de prendre la bourse, donne sa dévote bénédiction à l'âne inhumé en terre sainte, et invoque sur l'âme du défunt quadrupède la miséricorde du ciel! Voilà comment, grâce aux écus du malin curé, li asnes remest crestiens, l'âne demeure chrétien. On entrevoit que, moyennant un supplément, il eût été canonisé.
Croit-on qu'une littérature qui abonde en écrivains de ce mérite, ne vaille pas d'être étudiée avec quelque peine?
Deux syllabes consécutives commençant par un v produisent l'effet désagréable d'un bégaiement. Le désir de remédier à ce vice d'euphonie conduisit à retrancher la seconde syllabe d'avez, savez, dans ces formes avez vous, savez vous, qui devenaient ainsi plus rapides et plus coulantes: a'vous, sa'vous.