Ainc ne finerent, si vinrent en Pontis.
Voilà donc au cas oblique ou régime la forme réservée par M. Ampère pour le nominatif.
Nous avons reconnu qu'on ne prononçait aucune consonne finale. Ainsi, vous ne serez pas surpris de rencontrer des exemples où le scribe l'a omise: saint Po pour saint Paul, dans le roman de Renart; Bernard de Baillo pour de Baillol, dans Jordan Fantosme.
Vous direz simplement: Ici, le copiste a figuré la prononciation, et vous passerez.
Mais M. Ampère vous arrêtera, et vous dira que, «dans certains mots terminés en l, on indiquait le cas régime par le retranchement de la dernière consonne du radical.» (P. 63.)
Alfré, Davi, pour Alfred, David, vous semblent rentrer aussi dans la règle des finales muettes. Point! M. Ampère vous affirme que c'est l'effet du cas régime, lequel se marque par le retranchement du d «dans certains noms propres.» (Ibid.)
L supprimée dans certains mots; d retranché dans certains noms… Mais quels mots, quels noms? et pourquoi ceux-là plutôt que d'autres? C'est ce que M. Ampère ne dit pas. Autant d'exemples, autant de règles. C'est de l'empirisme pur.
Ce cas régime accapare tous les moyens. Quand il ne se révèle pas par la suppression d'une finale, c'est par l'addition, ou bien c'est par la contraction du mot, ou bien par le changement de la terminaison; et ce changement s'opère d'une multitude de manières, toutes plus capricieuses les unes que les autres.
L'n à la fin d'un mot, par exemple, amin, Moysen, signe du cas régime. (P. 67.)
Le t final, signe du cas régime, souvenir de la déclinaison imparisyllabique. (P. 68.)